La césarienne programmée (partie 2)

Si tu viens de lire l’article “La césarienne programmée partie 1“, parfait tu peux rester avec moi. Si tu as loupé la première partie, file lire l’article, tu n’es pas très disciplinée je trouve!
Tu es toujours là c’est bon? tu as pris ton café, thé, tisane et tu as pensé à ne pas prendre de morceau de gâteau? Alors reprenons,
Nous sommes maintenant le mercredi 21 octobre 2015, le jour J, le jour de l’intervention, le jour du découpage de ventre (je t’avais dit de ne pas manger de gâteau…). Je fais tout comme il faut, je met mon réveil à 6h (pour ne pas être en retard, c’est quand même le rendez-vous le plus important de ma vie), je prends soigneusement ma douche à la bétadine (sympa l’état des cheveux après je te raconte pas), je “m’habille” en tenue hyper sexy puis j’attends nerveusement patiemment le passage de la sage femme. J’ai de la chance elle est toute gentille, elle me donne un anti-vomitif à boire – interdit de vomir malgré le goût infecte du truc (je t’explique, ça c’est pour la rachianesthésie, ça fait tomber la tension et ça fait vomir, c’est pas comme la péridurale du coup pour éviter que tu vomisse sur la table d’opération – imagine deux seconde déjà qu’il y aura du sang et du liquide amniotique, ils veulent pas rajouter du vomi …repose ce gâteau je t’ai dit), puis elle me pose une sonde urinaire sans anesthésie la méchante (Alors là tu n’imagines même pas ce que ça fait, il n’y a pas de mots pour l’expliquer, c’est simplement HORRIBLE. D’ailleurs je maudissais tellement l’inventeur de la sonde urinaire qu’elle a passé son temps à s’excuser la pauvre). Ensuite on a fait un dernier monitoring. Hubby est arrivé juste après la pose de la sonde, j’lui ai demandé d’immortaliser la scène!
21-oct-2015sexy right? 😉
Je regarde maintenant l’heure avec impatience, j’ai tellement peur d’être en retard. Finalement le brancardier arrive enfin, je fais un gros bisous à Hubby, tu vois j’allais le revoir dans 1h mais j’avais tout simplement pas envie d’être seule, et imagine si jamais il ne trouvait pas la salle d’opération à temps? si il loupait la naissance? L’ANGOISSEEEEEEE
Bon ensuite on est descendu au bloc opératoire. Après un peu de chitchat sur mon premier bébé en siège et annoncé gros, ma césarienne programmée, mon envie de partir en courant on arrive dans un grand couloir. Il sonne une fois, on attends, il sonne une deuxième fois, il râle, il sonne encore youpi y’a personne on peut remonter et m’enlever cette foutue sonde. Arrive enfin une infirmière
– “désolé on était en pleine répartition des tâches, alors comment elle va la dame?”
– La dame elle veut qu’on lui enlève la sonde (tu remarque ma fixation sur cette sonde, tu te dis “mais quelle relou celle là” mais quand tu en auras une crois moi tu n’auras que ça en tête toi aussi naméo!)
– “ah oui mais on ne peut pas vous l’enlever vous n’avez pas le choix”
pffff… On papote comme ça pendant plusieurs longues minutes, je l’aime bien elle me met en confiance et là, là une autre infirmière beaucoup plus jeune arrive,
– “bon je vais m’occuper du vieux à côté, j’aurai bien voulu rester avec vous j’aime bien les césariennes mais bon aujourd’hui c’est pas tombé sur moi”
MAIS RESTE AVEC MOI
– “reste avec elle si tu veux je prends tes patients”
OUI OUI OUI DIS OUI STP
– “non on a décidé ça comme ça je te la laisse elle est gentille comme tout”
Pffff, pour la peine je boude allongée sur mon brancard au froid dans un couloir qui fait quand même un peu penser aux films d’horreur… Bon ok je ne boude pas très longtemps je t’avoue, la petite jeune est tout gentille, elle m’installe dans la salle de boucherie naissance, elle installe tout le matériel. Elle ne parle pas beaucoup mais tant mieux je ne me sens pas l’envie de parler, je ne sais plus si j’ai vraiment envie d’accoucher, je voudrais le garder pour moi, en moi pour toujours. Le claquement de mes dents nous fait revenir toutes les deux à la réalité, il fait un froid de canard sans plumes dans cette pièce. Elle me donne un ventilateur radiateur à mettre contre moi.
L’anesthésiste arrive enfin, rigole avec l’infirmière pour détendre l’atmosphère, m’explique encore comment va se dérouler l’opération ils ont dû croire que j’avais une mémoire de poisson rouge puis je m’assoie pour poser la fameuse rachianesthésie. La position est simple, c’est la même que la péridurale, la piqûre ne me fait rien et soudain je saute en hurlant (heureusement que l’infirmière me tenais sinon je me faisais la malle sérieux) et j’entends dans mon dos :
– “justement j’allais vous dire que vous risquiez de sentir une décharge électrique”
tu pouvais pas le dire avant sans blagues?
-“vous l’avez sentie de quel coté?”
qu’est ce que ça peut te faire sérieux? j’ai mal du côté gauche
– “ok, maintenant il faudrait refaire le dos rond madame et me rendre mon aiguille”
– oupst, vui vui d’accord…
– “Bon on va s’allonger de nouveau avant qu’elle ne fasse effet, ça va?”
– ooooooh oui, je suis bien, j’ai chaud, je plane, je sort de mon corps (nan c’est une blague, c’est pour voir si tu suis toujours…)
– “c’est normal c’est bon signe, je peux ranger le chauffage maintenant?”
– vui vui.
Là, allongée sur le dos, impuissante je regarde mes jambes bouger sens rien sentir
– “parfait aller on met le champs et on appelle le gynéco, vous avez de la chance aujourd’hui vous aurez les deux gynéco”
– ah merdum crotte de biquette qu’est ce qui cloche pour que les 2 gynécos soient présent? c’est pas normal, Bébé va mal et vous voulez pas me le dire?
– “nan vous inquiétez pas il n’avait rien à faire alors il s’est proposé”
hum il est sadique ou en manque d’argent celui là Ah ok ça me rassure….
– “Bon alors ma petite Gaëlle comment ça va?” aaah Super gygy est enfin là!!!
– bah ça peut aller mais je crois que je vais vomir en fait
– “vite vite apportez lui un haricot”
L’anesthésiste lui ne comprends pas son écran ne lui dit rien… normal il n’était pas relié à moi, une fois le courant passant entre nous deux en effet les signes ne sont pas bon, et hop on m’injecte je ne sais trop quoi pour faire remonter la tension. Ils sont trop fort sérieux 😉
Je suis donc allongée, endormie du diaphragme jusqu’aux orteils, les bras attachés de chaque côté et reliés à une machine qui leur dit tout sur moi, la charlotte sur la tête, le haricot tenu par l’infirmière à coté de moi, la tête d’un zombie [Ayé tu m’imagine bien?]
Hubby entre enfin dans la salle je commençais à croire qu’il s’était perdu sans blagues et vient s’installer avec moi derrière le petit rideau bleu, ce petit champs qui nous empêche de voir ce qu’il se passe, qui nous protège contre un évanouissement probable mais surtout qui nous sépare de ce petit bout qui dort encore tranquillement bien au chaud dans le ventre de maman. Je te rassure, tout le monde est en tenue de combat, Hubby n’y loupe pas le pauvre! Quelques secondes après Mr Gygy nous annonce qu’il incise. On ne voit rien, je ne sens rien, je me perd dans le regard de Hubby, ce regard d’amour et de tendresse, de joie et d’impatience. Je ressens la sage-femme qui pousse contre le haut de mon ventre pour aider à faire sortir bébé et là j’entends ce cris. Je ne réalise pas, je ne sais pas si je rêve ou si je suis dans la réalité.
“C’est un beau bébé, le pédiatre l’amène dans la salle à coté, heure de naissance 8h50”.
Hubby ne peut pas couper le cordon tu t’en doute. On peut le voir par une vitre, une sage-femme homme attends bébé dans la salle et nous donne les *thumbs up* avec un grand sourire, je suis soulagée.
“Monsieur, vous pouvez rejoindre bébé en longeant le mur sans regarder votre femme” [Oui moque toi, en attendant je préfère qu’il longe le mur que plutôt qu’il s’évanouisse], Hubby s’exécute, il disparaît pour réapparaître derrière la glace, il regarde bébé et les yeux pleins de larmes me regarde avec un sourire rempli de fierté.
SSSSSTTTTTTTOOOOOOOOPPPPPPP, sèche tes larmes 😉 bois un peu, ne mange toujours pas, c’est pas fini…
A ce moment je me laisse aller, j’évacue tout mon stress, toute ma tristesse d’avoir déjà fini ma grossesse, toute ma joie d’être enfin MAMAN, mes stats baissent
– “madame, ça va?”
– oui oui je balbutie je me sens un peu partir quand même
Et hop un petit coup de sérum magique,  je t’avais dit qu’ils étaient trop fort!
“on a fini de recoudre l’utérus, on recoud le ventre maintenant et ça sera bon” (maintenant si tu as toujours faim tu peux le manger ton gâteau!!!)
C’est à ce moment là que le pédiatre décide de me présenter Bébé. Il est tout petit, pas du tout comme je l’avais imaginé. Le pédiatre me l’approche de ma tête et ne pouvant pas le prendre dans les bras je colle ma tête contre sa tête je ne me peux m’empêcher de pleurer un peu, ça y est c’est officiel je suis maman! Je voudrais tant le serrer contre moi, le prendre dans mes bras, le toucher, mais non je reste attachée et je ne peux le toucher qu’avec la tête, l’embrasser comme je peux…
Dans mon malheur d’accoucher par césarienne j’ai quand même eu beaucoup de chance car tout s’est super bien déroulé, Hubby a pu assister à l’accouchement et surtout j’ai accouché un jour où les salles d’accouchement étaient vides, du coup j’ai pu rejoindre Hubby et Bébé une fois que j’étais bien recousue!! Sinon la procédure veut que la maman attende 2h en salle de réveil 😦 c’est inhumain…
A peine arrivée dans la salle que je demande déjà à prendre bébé dans les bras pour faire du peau à peau!! J’avais l’impression qu’on me l’avait enlevé depuis des heures. Je ne le sens pas, je te rappelle que je suis complètement endormie du diaphragme aux orteils, du coup je le colle contre mon cou, je le serre dans mes bras, je fais ce que j’aurai aimé pouvoir faire au moment même de sa naissance.
Il n’y a pas de mots pour décrire ce moment, un sentiment d’amour et de fierté se mêlent.
 21-oct-2015-01
Bébé était enfin avec nous, c’était la fin de la grossesse mais le début d’une nouvelle vie pleine de rebondissements, de joies et de découvertes.
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