Mon enfant se met en danger lors d’une crise de colère, que faire?

Hier soir, je suis tombée sur un appel à l’aide d’une maman sur facebook. Son fils de 14 mois se tape la tête contre les murs et contre le sol… La plus grande partie des commentaires lui disait que c’était “normal” et qu’il fallait “ignorer” l’enfant, le laisser dans une pièce tout seul et qu’après il allait arrêter par lui même.

J’ai eu envie de crier STOP, d’effacer tous ces commentaires, de leur dire que NON il ne faut surtout pas ignorer l’enfant dans ces moments là…

Du coup ce matin j’ai voulu écrire pour dire ce que nous avons vécu et comment on a réussi à l’aider à dépasser cette envie de se taper la tête contre le sol ou contre les murs.

Tous les enfants sont différents, tous ne sont pas violent lorsqu’ils sont en colère ou frustrés.

Mon fils l’est, il ne supporte pas la frustration, ça le met dans une colère incroyable. Au début il ne faisait que pleurer très très fort, c’était simple de le garder dans les bras. Puis il s’est mis à se débattre, quand il a commencé à se lever il a aussi commencé à se jeter par terre, à se taper la tête contre le sol comme pour attirer mon attention. Je ne l’ai pas toujours écouté et je m’en veux tellement.

Je l’ai ignoré plusieurs fois, plus je l’ignorais plus il se tapait la tête contre ce qu’il trouvait : le sol, un mur, un meuble.

L’ignorance n’est pas la solution, dans ces moments de désespoirs, dans ces moments de colère l’enfant à besoin de vous plus que tout au monde.

Lorsque j’ai décidé de le prendre contre moi, lorsque j’ai décidé de lui tenir la main ou de rester à côté de lui j’ai compris que c’était ce qu’il fallait faire. Au diable les conseils en tous genre de le mettre au coin, de le laisser seul gérer sa colère, de le “punir” d’être en colère.

C’est extrêmement éprouvant pour le parent qui reste face à ces crises. Ça ne sert à rien de dire à l’enfant de se calmer, que tout va bien, qu’il n’a pas à pleurer, que c’est pas si grave. Si c’est grave, du moins pour lui ça l’est et il veut vous le faire savoir, non pas pour que vous lui donniez votre avis mais pour que vous sachiez ce qu’il se passe en lui.

Ici les crises de colère, de frustration, peuvent aller jusqu’à 45 minutes de hurlement non stop. Il hurle, se débat, se tortille, mais il ne rompt jamais le lien entre nous. Il a toujours une main qui nous touche le bras, la jambe, le pied ou notre main. Il nous tape, non l’enfant n’a pas à taper, mais ce n’est pas pour nous blesser, c’est pour nous montrer qu’il a besoin de contact.

Si votre enfant s’éloigne de vous, gardez une main sur lui, il a besoin de savoir qu’il peut exprimer sa colère, sa frustration et qu’il est en sécurité avec vous.

Combien sommes nous, adultes, à ne pas réussir à exprimer notre colère et à nous infliger des souffrances physique pour ne pas exploser alors que crier et casser une assiette pourrait nous libérer une fois pour toute? Qui n’a jamais eu envie de hurler un bon coup et de tout envoyer valser?

Pourquoi devrions-nous apprendre à nos enfants qu’il faut taire nos colères et les enfermer en soi pour plus tard s’automutiler? 

Mes conseils sont simples, mais ne sont applicables que si le parent est prêt à les mettre en pratique :

  • accompagner l’enfant dans sa colère, lui dire qu’il a le droit d’être en colère, qu’il a raison de laisser toute sa colère sortir
  • ne jamais rompre le contact physique, toujours toucher l’enfant, même si ce n’est qu’un orteil, l’enfant va petit à petit venir contre vous pour vous exprimer toute sa colère et arrêtera de se faire du mal
  • ne pas trop parler à l’enfant, le laisser s’exprimer (il ne parle pas il crie? il s’exprime quand même), chercher dans votre tête les raisons qui ont conduit à la colère
  • lorsque l’enfant commence à redescendre un peu, que les cris s’espacent de sanglots, lui dire que vous comprenez qu’il soit en colère, qu’il a le droit de trouver ça injuste, que vous êtes désolés.
    • pour exemple, hier soir le smurf s’est mis à crier parce qu’il avait décidé de se laver les mains plusieurs fois d’affilées. Après 4 lavages j’ai décidé qu’il avait fini. Il n’avait pas beaucoup dormi la journée, il avait beaucoup pleuré en partant de chez Nanny et son père qui était parti pendant 2 jours, était à peine revenu 2 heures qu’il était reparti au travail. Il avait donc plusieurs “vrai” raisons de pleurer. Le lavage des mains n’était qu’une “excuse” pour faire ressortir sa colère et sa frustration. Il s’est donc débattu, il s’est couché par terre puis sur mes jambes sans jamais arrêter de crier. Il a toujours gardé un contact physique, il me tenait la main, puis le pied, puis la main, il se roulait sur mes jambes. Il ne s’est jamais mis en danger, il n’a jamais essayé de se faire du mal, alors qu’il y a encore 5 mois il se tapait la tête contre le sol. Les pleurs ont duré 45 longues minutes. Au début je lui ai dit que c’était bien de laisser la colère sortir, de l’exprimer, puis je l’ai écouté. A la fin je lui ai dit qu’il avait le droit d’être en colère parce qu’il était parti de chez Nanny et que j’étais désolé d’être allé le chercher alors qu’il n’était pas prêt, mais il a continué à pleurer. Alors je lui ai dit qu’il avait le droit d’être en colère parce que Papa était parti pendant 2 jours, qu’il était revenu pour repartir aussitôt, que j’étais désolé. il m’a regardé, il a arrêté de pleurer, il s’est blottit contre moi et il s’est endormi.
  • En dernier il faut le prendre dans ses bras et le garder contre soi le plus longtemps possible. C’est à l’enfant de décider quand il est prêt pour rompre le contact physique. Si il s’endort, il faut le garder sur soi jusqu’à ce qu’on soit prêt à rompre le contact.

De longues crises peuvent affecter les parents et aspirer l’énergie mais le câlin de la fin permet de recharger toutes les batteries.

L’amour entre un enfant et son parent bienveillant est le pilier pour une enfance heureuse et pleines d’émotions.

 

Pour clore cet article, j’ai reçu en cadeau un livre “Au coeur des émotions de l’enfant” d’Isabelle Filliozat. Même si je mettais déjà instinctivement en place certains de ses conseils (notamment pour gérer les crises de colère) je ne peux que vous conseiller de le lire et de l’offrir autour de vous. Ce livre ouvre les yeux, ouvre des portes vers une meilleure compréhension de l’enfant et de ses émotions (et de vos émotions!).

Advertisements

2 thoughts on “Mon enfant se met en danger lors d’une crise de colère, que faire?

  1. celine says:

    bonjour,
    J’ai exactement le même à la maison, mais on en est encore au stade où il se frappe la tête par terre. Je me suis posée beaucoup de questions: quelle attitude? que faire? au début, je n’osais pas trop intervenir, et puis, c’est en lisant quelques articles sur le sujet, que l’évidence m’ait apparu. non, on ne laisse pas un petit se faire mal. mais je trouve ça dingue qu’il m’ait fallu quelques temps. bref, je suis encore bien conditionnée! alors, je le prends dans mes bras, il me donne des coups de tête, du coup, je le coince, je le contiens, et ca a l’air de le calmer. suis-je sur la bonne voie? merci, bonne soirée,

    Liked by 1 person

    • ThePinkMummy says:

      bonjour, j’évite de le coincer bien que certains disent que ca apaise leur enfant. ca depends je sais que le mien n’aime pas être maintenu du coup je le laisse se rouler par terre je garde le contact sans le tenir contre moi. vous êtes sur la bonne voie en effet il faut rester avec lui et le toucher ❤ courage

      Like

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s